Accueil
Actualités/Événements
Club Junior-Entreprises à l'Assemblée Nationale : compétences, engagement étudiant et compétitivité au coeur du débat
Événements
Club Junior-Entreprises à l'Assemblée Nationale : compétences, engagement étudiant et compétitivité au coeur du débat
Clôturer un mandat à l'Assemblée Nationale, en parlant de l'avenir de la jeunesse et des compétences, avait quelque chose de particulièrement symbolique. C'est dans la salle Colbert, sur invitation de Gabriel Attal, que le 57e mandat de la CNJE a tenu son dernier grand événement : un colloque consacré aux compétences, à l'engagement étudiant et à la compétitivité de l'économie française.

Sommaire
Deuxième Club Junior-Entreprises du Mandat
La table ronde a réuni quatre intervenants aux regards complémentaires, autour d'une même question de fond : comment préparons-nous les talents qui construiront l'économie de demain ?
Olivier Faron, Directeur du Pôle Compétences, Jeunesse et Formation du MEDEF, a porté la vision des entreprises. Helen Verryser, Directrice des partenariats du Cercle des Économistes, a apporté la hauteur de vue économique et prospective. Christophe Castell, Sous-directeur des politiques interministérielles de jeunesse et de vie associative à la DJEPVA, a représenté les pouvoirs publics. Mathieu Roques, Directeur du recrutement d'Alten, a partagé l'expérience concrète d'un grand recruteur face aux enjeux de compétences.
Trois séquences ont structuré les échanges, chacune approfondissant une dimension du sujet.
De quelles compétences avons-nous besoin ?
La première séquence a posé le cadre : de quelles compétences a réellement besoin l'économie française pour rester compétitive dans les prochaines années ?
Les échanges ont mis en lumière une tension persistante entre formation académique et besoins du marché. Les compétences techniques ne suffisent plus à faire la différence. Les entreprises recrutent de plus en plus un potentiel à développer autant que des savoirs établis. Les métiers évoluent plus vite que les cursus, et le diplôme, seul, ne constitue plus un indicateur suffisant.
Une conviction commune a émergé : préparer les talents de demain, c'est leur permettre de développer des compétences, mais aussi une posture, une capacité à s'adapter, à travailler en équipe et à prendre des décisions dans l'incertitude.
L'engagement étudiant comme accélérateur de compétences
C'est la séquence au coeur de la raison d'être du Club Junior-Entreprises. En quoi une expérience associative ou en Junior-Entreprise constitue-t-elle un véritable levier de développement des compétences ?
Du côté des recruteurs, Mathieu Roques a été clair : une expérience en Junior-Entreprise fait la différence entre deux candidats aux parcours similaires. Ce que ces profils développent, c'est une capacité à gérer des projets, à tenir des délais, à rendre des comptes et à travailler avec des clients réels. Des compétences que les simulations pédagogiques ne peuvent pas reproduire.
Du côté des pouvoirs publics, Christophe Castell a soulevé la question de la reconnaissance institutionnelle de l'engagement : les dispositifs actuels sont insuffisants. Encourager davantage de jeunes à s'engager nécessite de mieux signaler, dans les parcours et à l'embauche, la valeur de ces expériences.
À retenir : Les compétences ne s'apprennent pas uniquement dans une salle de cours. Elles se construisent sur le terrain, dans l'action, au contact des entreprises, des collectivités et des associations. C'est la conviction que les Junior-Entreprises défendent depuis plus de cinquante ans, et que cette table ronde a confirmée.
Comment mieux reconnaître ces compétences ?
La troisième séquence a ouvert le débat sur les leviers d'action. Si l'engagement étudiant est unanimement reconnu comme créateur de valeur, pourquoi est-il encore si peu pris en compte dans les parcours de formation et les processus de recrutement ?
Les échanges ont mis en évidence trois niveaux de responsabilité. Celui des entreprises, qui doivent faire évoluer leurs pratiques de recrutement et mieux objectiver les compétences acquises par l'engagement. Celui des établissements d'enseignement supérieur, qui doivent revoir la place accordée à ces expériences dans les cursus. Celui des pouvoirs publics, qui peuvent accélérer cette reconnaissance par des dispositifs adaptés.
La question posée aux intervenants était directe : qui doit faire le premier pas ? La réponse a été convergente : c'est une responsabilité partagée, et le vrai frein est moins un problème de dispositifs qu'un problème de culture.
Ce que cette rencontre dit du mouvement
La CNJE a un rôle à jouer dans ces débats. Représenter les Junior-Entreprises, c'est accompagner un réseau au quotidien, mais c'est aussi porter la voix des jeunes auprès des décideurs publics et économiques, pour que l'engagement étudiant soit reconnu comme un levier de formation, d'employabilité et de compétitivité.
Cette rencontre faisait également écho à l'actualité parlementaire, avec l'examen prochain à l'Assemblée Nationale du projet de loi relatif à l'enseignement supérieur privé. Les décisions prises aujourd'hui influenceront le parcours de millions d'étudiants et la capacité de la France à préparer les talents dont son économie aura besoin. Ces débats méritent d'être portés là où ils se jouent.
Un grand merci à Gabriel Attal pour son invitation et son accueil, ainsi qu'à Olivier Faron, Helen Verryser, Christophe Castell et Mathieu Roques pour la qualité de leurs interventions.
À lire aussi

Gaspard LEBLOND
Auteur
Terrain
Vous pourriez aussi aimer
Prêt à lancer
votre projet ?







.avif)