Adalaïs, 26 ans

Quand esprit entrepreneurial et Junior-Entreprise se mêlent

#art #entreprendre #entrepreneuriat #startup

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Adalaïs Choy, je suis étudiante à l’École du Louvre en master 1, en double cursus avec l’ESSEC. Je suis Présidente d’École du Louvre Junior Conseil depuis l’année dernière : je termine actuellement mon premier mandat en tant que Présidente, mais j’en commence un second ! Avant d’intégrer l’École du Louvre, j’ai été pendant deux ans en Classe Préparatoire aux Grandes Écoles, puis trois ans à l’ICART (École des Métiers de la Culture et du Marché de l’Art), à Paris… avant d’entrer en première année de l’École du Louvre.

Peux-tu nous parler de la startup que tu as créée ?

Avec un ami, j’ai créé covoiture-art.com. Il s’agit du premier site de covoiturage culturel. L’idée est née d’un constat très simple : beaucoup de lieux culturels en France sont difficiles d’accès en voiture… et beaucoup de gens n’ont pas de voiture – ça coûte de plus en plus cher et il y a également une tendance « green » qui émerge. Partant de cette réalité, nous avons créé en juillet 2014 une plateforme B2C recensant plus de 1500 lieux culturels et qui comportait plus de 100 partenariats avec des centres culturels (par exemple, avec le Centre des monuments nationaux, le domaine de Vaux-le-Vicomte, etc.). Il y a alors eu un bouche à oreille très positif et ça a bien fonctionné. Je gérais la communication et les partenariats, mais je m’occupais également du développement commercial, du community management, de la comptabilité (un minimum !), de la représentation de la startup auprès des médias (nous sommes passés dans beaucoup de journaux papier). Au bout d’un moment, notre startup n’était plus vraiment rentable : nous avons fait appel à « The Bridge Accelerator » à Avignon (un accélérateur qui fait grandir les startups s’intéressant à la culture) pour nous aider à faire du B2B (nous avons dû changer de business model) mais notre concept n’a pas vraiment trouvé son public.

Qu’as-tu appris de cette expérience ?

La startup va bientôt être dissoute, mais je tire de cet « échec » une énorme force. J’ai appris beaucoup de choses : c’est plus formateur que de faire des millions de stages ! La théorie et la pratique de l’entrepreneuriat sont deux choses très différentes. Aujourd’hui, j’ai plus confiance en moi, sûrement parce que j’ai été obligée de me dépasser : quand il n’y a personne pour t’aider, tu trouves les solutions tout seul. Je suis plus réactive, plus force de proposition… et j’ai d’ailleurs pu appliquer ces connaissances à ma Junior-Entreprise, au sein de laquelle je suis impliquée depuis 2015. Il s’avère également que les clients de ma startup sont devenus des clients de ma J.E. !

La Junior-Entreprise t’a-t-elle aidée dans le cadre de ta startup ?

Oui, à l’inverse, j’ai aussi pu me servir de ce que j’ai appris en J.E. pour l’appliquer à ma startup. En Junior, j’ai appris le management d’équipe (nous sommes 30 chez École du Louvre Junior Conseil) : certes, nous n’avons jamais été plus de 5 au sein de Covoitureart, mais le mode d’interaction était le même. En J.E., nous avons des process préétablis, il s’agit d’être rigoureux : c’est ce que j’ai essayé de mettre au point au sein de ma startup aussi et ça m’a donc beaucoup servi.

Aimerais-tu recréer une startup après cette expérience ?

Être indépendant, c’est parfois compliqué. Notre statut est assez précaire. Quand on est startupeur, il n’y a pas d’horaires fixes, pas de jours fixes : c’est un peu fatiguant. Aujourd’hui, je rêve plutôt d’intrapreneuriat : ce concept se développe de plus en plus, on a carte blanche pour gérer son projet au sein d’une entreprise… Je trouve l’idée très attirante. On peut expérimenter des choses avec une certaine liberté financière.

Selon toi, quelles qualités sont requises pour être un « bon entrepreneur » ?

Il ne faut pas être timide. N’avoir peur de rien : ni le fait d’aborder quelqu’un, ni la charge de travail (car elle est réelle : il ne faut pas croire que tout est simple quand on est son propre patron), etc. Il faut savoir écouter les gens et se remettre en question : c’est très important, même si ce n’est pas simple. Et surtout : il faut savoir prendre le positif partout où on le trouve !

Aurais-tu des conseils à donner à ceux qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Avant tout, être tout à fait sûr de l’équipe avec laquelle on se lance. Aussi, il ne faut jamais être trop pessimiste, ni être trop optimiste : il faut savoir garder les pieds sur terre quand les choses s’envolent et trouver un juste milieu. Ne jamais, jamais se décourager. Il y a évidemment des moments difficiles, mais ça vaut toujours le coup – il y a également de beaux moments de joie ! Il est également important d’avoir une vraie organisation prédéfinie dès le départ : la J.E. m’a beaucoup apporté de ce point de vue-là (avec les process, les books de passation, etc.). Il faut avoir une base solide car tout peut vite partir en vrille pour des questions techniques. C’est compliqué au début, mais on apprend ! Je dirais aussi qu’il faut savoir faire confiance, mais pas trop. Et surtout : la startup ne doit pas prendre toute votre vie ! La vie personnelle peut être impactée, mais c’est la vie personnelle qui fait que tout cela fonctionne. Il faut s’octroyer des moments à soi. Pas seulement pour la startup, mais aussi pour rester motivé, au taquet et efficace.

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