Maëlle Charreau, Cheffe de Cabinet

Retour sur le parcours spectaculaire d'une Junior-Entrepreneure.

Les parcours des Junior-Entrepreneurs sont très divers. On retrouve des anciens membres des Junior-Entreprises dans beaucoup de domaines, dont la politique. C’est le cas de Maëlle Charreau, ancienne Présidente de Junior Consulting – Sciences Po, maintenant cheffe de cabinet d’Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’Etat au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire.

Quel est ton parcours ?

Je suis issue d’un baccalauréat Scientifique à la suite duquel j’ai adhéré à Sciences Po Paris. J’ai eu un parcours assez généraliste, et j’ai décidé de partir en 3ème année au Japon, où j’ai travaillé à Sanofi. À mon retour en France, j’ai choisi le master Finance et Stratégie et je voulais intégrer une association liée au développement des entreprises pour renforcer mes connaissances sur les activités des entreprises privées. J’ai voulu rejoindre la Junior-Entreprise de l’école, initialement en tant que consultante, et suite au recrutement, on m’a proposé le poste de Présidente. Après concertation, avec l’équipe entrante, j’ai donc pris ce rôle pendant 1 an. C’est clairement l’opportunité de la Junior-Entreprise qui m’a ouvert la porte à mon stage de césure, chez EY, grâce au partenariat avec le Mouvement des Junior-Entreprises. J’ai rencontré Frédéric Huynh, responsable opérationnel du partenariat, et j’étais intéressée par l’aspect stratégique. J’ai donc intégré le service spécialisé en Operational Transaction Services, qui consistait globalement en du conseil en intégration post-acquisition. ll s’agit globalement d’une réorganisation des différents systèmes suite à une fusion ou une séparation. Mon second stage s’est déroulé chez Danone, qui était un des clients de la Junior-Entreprises, en fusion acquisition. Les bons échanges avec ce client m’ont permis d’avoir l’opportunité de stage avant même sa diffusion.
À la fin de mon Master 2, j’ai réalisé mon stage de fin d’études au BCG. En sortant de la Junior-Entreprise, on comprend beaucoup d’aspects du monde professionnel comme le taux journalier, les livrables ou les workshops… Ce qui donne un package assez global et polyvalent.
En parallèle de ce stage, je me suis lancée dans la campagne d’En Marche, durant laquelle j’ai été assez active. L’élection coïncidant à la fin du stage, le cabinet de Mounir Mahjoubi m’a proposé de prendre la tête de la chefferie de cabinet. J’ai donc dû choisir entre un CDI au BCG et la chefferie de cabinet. Cette dernière proposition étant vraiment unique, je me suis dirigée dans cette opportunité gouvernementale. J’ai ainsi travaillé 1 an avec Mounir Mahjoubi, et je suis maintenant depuis 1 an et demi avec Emmanuelle Wargon.

Quelles sont tes missions actuelles ?

Dans un cabinet ministériel, il existe 2 pôles : la direction de cabinet et la chefferie de cabinet.
La direction de cabinet est composée de conseillers techniques qui vont faire avancer les dossiers qu’un ministre porte, comme les nouvelles normes, les négociations budgétaires, ou les subventions pour les français.
La chefferie de cabinet, elle, donne à voir ce que fait la ministre. Que cela soit à travers l’organisation des déplacements, mais aussi la communication et les interviews, les interventions à la radio, la télévision ou les réseaux sociaux. Il y a une vraie réflexion sur les messages qu’on souhaite délivrer.
En Junior-Entreprise, ces rôles sont relativement similaires à ce que peut être amené à faire un secrétaire général, avec une gestion du budget, des ressources humaines. Une partie de mon travail consiste également en une gestion de l’agenda de la ministre ainsi que du suivi des courriers. J’attache une grande importance au bien-être de l’équipe. Pour essayer de créer plus d’horizontalité, mon rôle est de m’assurer que ma porte est toujours ouverte et parler des difficultés. Je passe une grande partie de mon temps avec la ministre sur la gestion d’agenda, et avec les conseillers en communication pour gérer le séquençage de la vie de la ministre. C’est un boulot couteau suisse assez transverse avec le management, que j’ai déjà fait avec la Junior-Entreprise, et la capacité à changer de sujet. C’est vraiment une fonction très enrichissante.

En quoi ton cursus de Junior-Entrepreneure t’a aidé ?

Quand tu es présidente d’une Junior-Entreprise, on apprend à la fois le management d’équipe et à savoir déléguer et faire confiance. Quand on est jeune, on a l’impression que quand on fait seul c’est mieux fait. J’ai pu ainsi apprendre à responsabiliser d’autres gens. En Junior-Entreprise comme au cabinet, chaque collaborateur apporte une réelle plus-value et sa pierre à l’édifice.

Le fait d’être passée par une Junior-Entreprise m’a également appris à être mieux organisée. C’est vraiment quelque chose d’utile au quotidien, avec notamment la gestion de l’organisation des journées, des listes de tâches, des moyens de fonctionnement, ou encore la gestion des systèmes de dossiers ou d’archivage de mails.

J’ai plus appris de mon expérience en Junior-Entreprise que de mes stages successifs sur le management et l’organisation de mon travail. On est extrêmement suivi en stage, tandis qu’en Junior-Entreprise, on est beaucoup plus autonome.

Comment vois-tu la place des Juniors dans le secteur de la transition écologique ?

Les jeunes sont les plus mobilisés sur la transition écologique. Ils regorgent d’idées pour mettre en place une vraie politique RSE. Les Junior-Entreprises peuvent avoir des idées sur le sujet, et je pense que travailler sur ce sujet est vraiment important. Il y a vraiment matière à ce que les Junior-Entreprises se positionnent en terme de missions types.

La plupart des fonctionnaires ne savent pas ce qu’est une Junior-Entreprise. Ils ont tendance à faire des missions qui pourraient être réalisées par elles comme la rédaction de livres blancs, d’ateliers, de groupes de réflexion… Souvent dans les ministères, on a l’habitude de travailler avec les associations étudiantes comme le REFED ou l’action pour le climat. Il n’y a pas assez d’administrations qui font appel aux Junior-Entreprises sur les sujets environnementaux. Pourtant, elles peuvent aider les entreprises sur beaucoup d’aspects à ce sujet.

Il est nécessaire pour les Junior-Entrepreneurs promouvoir cette prise de conscience pour comprendre les différentes problématiques. Le message a bien plus d’impact quand il est porté de façon globale plutôt qu’individuelle.

As-tu toujours des relations avec les Junior-Entreprises ?

Oui. J’ai géré le grand débat national côté ministère, et j’ai proposé de travailler avec les Junior-Entreprises sur le sujet. J’étais très fière de les associer à ce sujet, qui a vraiment entraîné des discussions.

Aujourd’hui, je conseille toujours la Junior et les recommande dans les administrations. On se fixe des créneaux réguliers pour partager les idées. Je suis restée très proche des personnes qui étaient dans ma Junior-Entreprise et je suis en contact avec tous les mandats successifs. Il y a beaucoup d’antennes de Sciences-Po. Ainsi, quand je fais des déplacements, je mets en relation les entreprises et les Juniors pour faire connaître le Mouvement.

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